Le bleu de trypan est-il toxique ? Les dangers cachés d’un colorant très utilisé

Le colorant de référence pour le comptage cellulaire ?

Lorsqu’on parle de comptage cellulaire on parle inévitablement du bleu de trypan. La plupart d’entre nous associe la couleur bleue, caractéristique des cellules colorées, à la préparation d’échantillons biologiques pour la microscopie. Le bleu de trypan est devenu un élément constant dans tous les laboratoires du monde réalisant le comptage cellulaire et l’étude de la viabilité cellulaire. À l’origine, ce colorant a été synthétisé par Paul Ehrlich en 1904 pour traiter la trypanosomiase chez la souris1. Depuis son invention, la coloration des cellules non viables a connu une énorme popularité dans le cadre du comptage cellulaire. Cependant, l’enthousiasme suscité par cette coloration s’estompe en raison de sa toxicité et de ses possibles effets cancérigènes2.

L’article de ce blog vous présente :

  • Les considérations critiques à faire avant d’utiliser le bleu de trypan
  • Les alternatives au bleu de trypan

La raison pour laquelle vous devez immédiatement remplacer le bleu de trypan dans votre laboratoire !

Si vous effectuez une recherche sur le Web sur le bleu de trypan vous saurez immédiatement qu’il s’agit d’un colorant largement utilisé pour déterminer la viabilité cellulaire. Puisqu’il est couramment utilisé, il se peut que l’idée que ce produit chimique soit cancérigène et susceptible d’induire des anomalies génétiques2 ne traverse même pas l’esprit de ceux qui le manipulent.

Mais désormais cela est bien connu : il faut donc arrêter d’utiliser le bleu de trypan pour la coloration des cellules. Est-ce possible du jour au lendemain ? Bien sûr que non, mais nous devons commencer à réfléchir davantage à nos habitudes et aux produits chimiques que nous utilisons.

Nous commencerons à voir un réel changement lorsque plus d’entreprises trouveront les ressources nécessaires pour restructurer leurs protocoles et flux de travail afin de ne plus avoir recours au bleu de trypan.

Néanmoins, les entreprises ne sont pas les seules concernées. En tant que scientifiques, nous avons également nos responsabilités en tout cela. Tous les jours, nous choisissons le produit chimique à utiliser.

Devons-nous sciemment nous exposer à un danger en utilisant le bleu de trypan ? Alors que la durabilité, l’écologie et la santé sont devenues des valeurs fondamentales pour nous, pourquoi ne pas réfléchir davantage aux substances avec lesquelles nous travaillons quotidiennement ?

Un flacon de bleu de trypan sur une table roulante en acier

Quatre colorations alternatives pour l’étude de la viabilité cellulaire

Pour réduire au minimum l’utilisation du bleu de trypan dans l’étude de la viabilité cellulaire, nous sommes obligés d’opter pour des produits substitutifs. Ci-après, vous trouverez une liste de quatre colorations cellulaires, dont certains équivalents au bleu de trypan.

  1. L’iodure de propidium (IP) peut colorer l’ADN ou l’ARN des cellules non-viables dont les membranes sont endommagées. Cependant, d’après certains rapports, l’utilisation de l’IP entraîne une sous-estimation de la viabilité cellulaire, contrairement au bleu de trypan qui peut engendrer une surestimation3. L’IP n’est pas classé comme étant cancérigène4.
  2. L’érythrosine B colore les cellules non-viables car la membrane cellulaire perméable de ces cellules laisse pénétrer le colorant. N’étant pas classée comme cancérigène et n’est pas toxique, c’est aussi pour cela que l’érythrosine B est couramment utilisée en tant que colorant alimentaire5,6.
  3. L’acridine orange (AO) colore toutes les cellules en vertu de son interaction avec l’ADN. En raison de sa perméabilité membranaire, ce colorant permet de déterminer le nombre total de cellules d’un échantillon. Selon l’Agence européenne des produits chimiques (AEPC), l’AO n’est pas cancérigène7,8.
  4. Le dichlorhydrate de 4′,6-diamidino-2-phénylindole (DAPI) ne peut pas pénétrer la membrane cellulaire, par conséquent, il convient à la coloration des cellules non-viables. L’ADN de ces cellules est exposé car leurs membranes cellulaires et nucléaires sont perméables. Contrairement au bleu de trypan, le DAPI n’est pas cancérigène7,9.

Pour le calcul de viabilité dans le cadre d’une étude de ce type, il est donc judicieux d’utiliser différents colorants pouvant donner à la fois le nombre total de cellules et le nombre de cellules non-viables. Ici, l’association de l’AO, qui produit une fluorescence, et du DAPI, donnera un aperçu de l’état des cellules de l’échantillon. Souhaitez-vous en savoir davantage ? Découvrez comment la Via2-Cassette™ utilise ces colorants.

En savoir plus

Vous voulez mieux comprendre les problèmes découlant de l’utilisation du bleu de trypan dans le cadre du comptage cellulaire ? Suivez le webinaire sur le bleu de trypan de ChemoMetec qui comprend de courtes présentations et une section réservée aux réponses aux questions des clients. Ou accédez à l’une de ces ressources :

 

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